Une cuve en bois qui fume dans l’air glacé, de la neige sur le rebord, un poêle qui crépite : l’image tourne beaucoup sur les réseaux, et nombre de gîtes et de maisons d’hôtes proposent désormais ce type de bain dans leur jardin. Avant une première séance, cette carte postale cache quelques réalités pratiques qu’il vaut mieux connaître avant d’enjamber le bord.
À quoi ressemble un bain nordique, et à quelle température ?
En France, on désigne ainsi une grande cuve ronde en bois, remplie d’eau et chauffée au feu de bois. Le poêle peut être immergé dans la cuve, derrière une grille de protection, ou installé à l’extérieur. La mise en chauffe prend plusieurs heures : si vous louez un hébergement, demandez à quelle heure le bain sera prêt plutôt que de trouver une eau tiède à l’arrivée.
La température recommandée se situe entre 37 et 40 °C. La commission américaine chargée de la sécurité des produits de consommation conseille de ne jamais dépasser 40 °C dans un bain chaud de ce type ; en dessous de 37 °C, l’eau paraît vite fraîche quand il gèle dehors. Un feu de bois ne se règle pas comme un thermostat. Un thermomètre flottant, et l’habitude de remuer l’eau avant d’entrer, évitent la mauvaise surprise d’une couche brûlante en surface et plus fraîche au fond.
Le mot n’a d’ailleurs pas le même sens partout. Au Québec, il désigne plutôt un circuit qui alterne chaleur, froid et repos. L’Institut Bonheur revient sur ces nuances dans son guide consacré au bain nordique, avec une comparaison entre cuve en bois, spa, sauna et hammam, utile si vous hésitez entre plusieurs formules.
Faut-il demander l’avis d’un médecin avant ?
La chaleur de l’eau sollicite le cœur et la circulation. Dans les situations suivantes, demandez l’avis de votre médecin, ou de votre sage-femme, avant la première séance :
- une grossesse ;
- une maladie cardiaque ou une hypertension mal équilibrée ;
- une tendance aux malaises ou aux vertiges ;
- un traitement qui provoque de la somnolence.
L’alcool n’a pas sa place dans la cuve, même si le verre de vin chaud posé sur le rebord fait partie du folklore. Il accentue la somnolence et le risque de malaise, et un malaise dans l’eau peut tourner à la noyade. Une gourde d’eau à portée de main fait bien mieux l’affaire pendant la séance.
Les enfants, eux, ne restent jamais seuls dans le bain, même quelques minutes. Ils supportent la chaleur moins longtemps que les adultes : mieux vaut en parler au pédiatre avant de les y emmener.
Combien de temps rester dans l’eau la première fois
Les recommandations courantes parlent d’immersions de quinze à vingt minutes, entrecoupées de pauses. Pour une première fois, restez dans le bas de la fourchette et fiez-vous à vos sensations plutôt qu’à la montre. L’hiver tend un piège bien connu : la tête et les épaules restent au froid, on se sent bien, et l’on prolonge sans s’en rendre compte. Un bonnet garde la tête au chaud, mais ne change rien à la chaleur que le corps accumule sous l’eau.
Entre deux immersions, sortez quelques minutes, enveloppé dans un peignoir, et buvez de l’eau : la chaleur fait transpirer, même quand on ne le sent pas sous la surface. Deux ou trois cycles suffisent largement pour une première séance. Côté horaire, le début de soirée s’y prête mieux qu’un bain pris juste avant de se coucher, quand la fatigue de la journée s’ajoute à l’effet de la chaleur.
Certains signaux doivent vous faire sortir tout de suite : vertiges, nausées, tempes qui battent, visage très rouge, envie soudaine de dormir. Sortez lentement, asseyez-vous une minute sur le rebord avant de vous lever, puis marchez avec prudence : les marches en bois mouillées glissent, et gèlent parfois.
Après la séance, le moment qu’on néglige
L’enchaînement entre chaud et froid fait partie de la tradition nordique, mais rien ne l’impose. Le passage brutal dans une eau glacée est déconseillé aux personnes qui ont une maladie cardiovasculaire, et une douche fraîche suffit à qui veut se rafraîchir. Prévoyez surtout un peignoir épais et des sandales tout près de la cuve : en janvier, le chemin jusqu’à la maison paraît bien plus long qu’à l’aller.
Reste l’hygiène : une douche savonnée avant d’entrer, une autre en sortant. Une cuve sans filtration doit être vidée et remplie régulièrement ; demandez à votre hôte quand l’eau a été changée pour la dernière fois, et passez votre tour si elle est trouble ou dégage une odeur douteuse.
